Un tableau noir s'est peint au sombre de tes yeux
tracé d'encre nos vies, dissolues sur ton teint
blafard a refermé la chaleur de tes mains
et brûlé ta lumière sur un feu presqu'éteint
Les cadavres de roses, amères que nous sommes
noires ombres du temps qui ont fleuries d'échardes
et du parfum d'un corps dont la folie des hommes
entre nos doigts en pleurs s'est perdue mais regarde
Le doute dont on meurt, le plaisir qui nous farde
Nos souffles qui s'envolent, soupirs chauds de l'opium
sur nos visages d'anges et cendres froides comme
nos doigts bleuis et blancs, roidis et maculés
d'animal alangui, à l'aboi, esseulé
nocturne notre vie, la lune qui t'appelle
et caresse et nous fait, fantôme à l'envie d'elle
éther à son reflet, nues nos poussières sont
balayées par un vent qui me souffle ton nom

